Des rendez-vous musicaux qui ne tiennent plus depuis des décennies

August 31, 2018

 

On ne finira pas d'énumérer les espaces et rendez destinés a la musique dansante haïtienne (le compas), au cours des décennies 70 et 80. Jusqu'au beau milieu des années 80, il existait encore une certaine politique culturelle qui assurait, dans une certaine mesure, la promotion de ce genre musical, créé il y a 63 ans par Nemours Jean Baptiste.

 

Les cinquantenaires et plus peuvent se souvenir de Top Jeunesse, tous les vendredis soir à l'Institut Pédagogique Nationale ( IPN), aujourd'hui Ministère Education nationale et de la formation professionnelle. 


Retransmis sur les ondes de la Télévision Nationale d'Haïti (TNH), Top Jeunesse était un espace de promotion pour les groupes surtout compas dont Tabou Combo, Skah-Shah, Bossa-Combo, Les frères Desjeans et j'en passe. Cette initiative avait permis au public en général de regarder et écouter tous les groupes musicaux en concert a l'IPN, grâce a sa retransmission sur la chaine de télévision publique et un nombre modeste de spectateurs qui pouvait prendre place à la salle.

 

Chacun des groupes musicaux avait son rendez-vous tous les weekends dans les différents night club au cours de cette période. Ils s'offraient en soiree ou en Kermesse pour un public de jeune n'ayant pas les moyens ou la capacité de sortir en soirée. La stratégie était de proposer des activités taillées sur mesure en fonction de la capacité de chaque segment de marché. Le public avait un éventail de choix selon ses goûts et préférences alors qu'aujourd'hui on est dans la logique du choix imposé. C'est a prendre ou a laisser. 

 

Pour un simple rappel on peut rappeler qu' Au casino International, les fans du DP Express avaient leur rendez-vous tous les samedis, alors que le dimanche était réservé au Bossa Combo.


Au rond Point du Bicentenaire, les Shleus Shleus attendaient son public tous les week end pendant que La Fregatte canadienne accueillait les Vikings, Ka Roussel, à Fontamara recevait le groupe Scorpio, Château Royal accueillait les Freres Desjeans. A l'hôtel Ibo Lele, tous les jeudis le groupe Bossa Combo attendait ses fans pendant que Nemours Jean Baptiste et son groupe étaient Sous Les Manguiers. 


A Cabane Choucoune, Gypsies et les Difficiles avaient rendez vous avec leurs fans toutes les fins de semaines, Don Petro de Carrefour était réservé a Webbert Sicot, le concurrent de Nemours et Le Lambi Night Club, quartier général du groupe Ensemble Select du Roi Coupe.


Les orchestres Tropicana et Septentrional jusqu'à date gardent encore des rendez-vous annuels traditionnels à travers le pays, comme le groupe System Band savait le faire au Djoumbla et le shouga combo au Meridien Night Club tous les 2 Janvier.

 

Jusqu'au début des années 90, les rendez vous existaient encore. Les 40 ans et plus peuvent se souvenir de Mizik Mizik au Staking a Petion Ville tous les vendredis. 


Certains de ces rendez-vous étaient des kermesses destinés aux jeunes et aussi aux écoliers grâce aux journées récréatives où des groupes Compas, Racine et Ragga s'offraient en spectacle.


Annuels, hebdomadaires ou occasionnels les rendez vous du compas étaient nombreux et s'adressaient a tous les publics.

 

Triste est de constater que les goûts et les préférences ne sont pas prises en compte de nos jours. 
Dans le secteur des loisirs et divertissements c'est à prendre ou à laisser.

 

Les espaces précités ne sont que quelques uns de la longue liste de Night Club dont disposaient nos groupes musicaux dans les années 70 et 80. Ces espaces mythiques, historiques et célèbres pour certains sont disparus, négligés ou abandonnés a l'instar de nos salles de cinéma.


Le compas qui vient de fêter ses 63 ans d'existence en juillet dernier est une musique dansante. Son principal espace d'expression demeure les night club, mais il est aussi agréable à écouter dans quelque soit le cadre, en concert ou spectacle de tout genre.

 

Triste est de constater que ces night club qui savaient accueillir régulièrement des spectacles ne sont quasiment plus utilisés en raison du fait que certains groupes musicaux sont à la recherche d'un public qu'ils pensent pouvoir trouver dans les jardins des hôtels de luxe de Pétion ville et de Port au Prince.


Pour la tournée estivale de cette année, le Djumbala Night club n'a accueilli qu'une soirée dansante Klass/Disip, le mercredi 22 aout . 

 

Aussi choquant que cela puisse paraître, il faut toujours revenir au passé si on veut dire quelque chose de positif du pays et la musique n'en est pas exempte. 

 

 

Me Richarson BIGOT, Av
ADDUCTION MEDIA

richardsonwiltesbigot@gmail.com

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