L'orchestre Septentrional d'hier à aujourd'hui

 

 



Beaucoup de grands musiciens viennent de plusieurs régions d'Haïti. Quand on met le cap sur le nord, on y trouve de myriades qui ont marqué d'une façon ou d'une autre la musique haïtienne. Parmi lesquels on peut compter Jean Meunio et Ulrick Pierre-Louis, les deux co-fondateurs du groupe Septentrional.

Ulrick était toujours connu comme le loup blanc au sein dudit groupe, non seulement par sa longévité et ses cheveux grisonnés, mais également par son leadership. Pendant plus d'un demi siècle il a contrôlé de main de maître la boule de feu. Quant à Jean Meunio, il n'en a pas fait long feu en raison de ses activités professionnelles. Par contre, les premières bases qu'il a posées pendant sa présence solidifient l'orchestre.

Quelque étonnant que cela soit, l'orchestre Septentrional a un état civil car on connaît sa date, son lieu et l'heure précise de sa naissance. Ulrick et Jean Meunio, deux musiciens visionnaires ont fusionné leurs groupes musicaux, respectivement, "Trio simphonia" et le "Quartet Septentrional" le 27 juillet 1948 à 4h 20 du matin dans un bus à l'entrée du Cap-Haïtien pour donner le djaz Septentrional. On ne saurait oublier d'autres musiciens ayant ajouté leur grain de sel pour augmenter la saveur musicale du groupe. Jacob Germain, Rigo et Léandre Fidèle, Jacques Monpremier, entre autres. Jean Meunio a été le Directeur musical et le président du groupe selon le statut ayant été ratifié par les musiciens dans l'après midi du
27 juillet vers les 4 heures. Celui-ci profite de l'indisponibilité de Monpremier à plusieurs rencontres pour briguer cette noble poste.

Deux ans après. Soit en mai 1950, à seulement 21 ans et 8 mois, Ulrick a succédé à Jean Meunio qui était engagé par ses activités professionnelles. Le leadership d'Ulrick a duré plus que cinquante ans. La dictature Ulrickienne a grandement dominé et a conduit Septen au summum de la musique haïtienne. Il a été une main de fer dans un gant de velours.

Si la révolution haïtienne entre 1791 à 1803 a grandement marqué l'histoire de notre pays et a ouvert la porte à l'indépendance, la révolution de 1955 qu'a connue la boule de feu l'a aussi marquée et a ouvert la porte à de grands musiciens. Roger Colas, l'une des voix sublimes de la musique haïtienne a intégré le groupe lors de cette révolution. Ulrick a découvert le jeune Roger dans un concours baptisé "à la recherche des étoiles" où celui-ci interprétait avec brio un morceau de Ranchera, un chanteur mexicain. Dès lors, Roger chante beaucoup de tubes de la boule de feu internationale jusqu'au début des années 80, après avoir cassé sa pipe dans un accident tragique sur la route de frères.

Sous l'invitation de Roger Colas en 1963, Michel Tassy fait son apparition au sein de l'orchestre et y a passé plus que 50 ans. Seul Mick Jeggers, le chanteur des Rollingston de Londres ait ce record de longévité comme chanteur dans un seul groupe.

L'orchestre Septentrional connaissait toujours des moments de gloire, mais c'était uniquement dans le grand nord. Avoir la bénédiction du grand public de Port-au-Prince n'a jamais été une mince affaire. Des chansons de Septen comme "batèm rat", "tu t'en vas", "Ti yayi", pour ne citer que celles là étaient toujours interprétées par des groupes évoluant à port-au-prince, dont la bande à Nemours. Ce qui contribuait à sa popularité dans la capitale.

En 1952, sous l'invitation du djaz des jeunes, Septentrional est rentré à port-au-prince. Très attendu par certains mélomanes, la bande à Ulrick a donné une prestation phénoménale à Djoumbala sous les yeux de nombreux fans et surtout le propriétaire de Don petro night club, une salle à Carrefour. Cette soirée a mis le feu aux poudres. C'est une soirée à partir de laquelle la bande à Ulrick a trouvé pas mal de contrats dans toute la capitale. Les musiciens qui brûlaient d'impatience de s'imposer à port-au-prince l'ont fait les doigts dans le nez.

Le 24 mars 1963, le groupe rival de Septen a pris naissance. Il n'est autre que la fusée d'or internationale, l'orchestre Tropicana. Fondé sous le nom de "djaz kapwa" en 1941, puis, orchestre Caraïbes en 1966, et enfin l'orchestre Tropicana en 1963. Ce groupe marche toujours sur les brisés de Septen. Ce sont deux institutions rivales, mais leurs musiciens sont souvent de bons amis.

Quoique le début ait été très difficile pour la fusée d'or en raison de son statut de groupe du milieu populaire, il a fait feu de tout bois pour faire son petit bonhomme de chemin face à la boule de feu, supportée par l'aristocratie capoise.

La boule de feu n'est, en aucun cas, ignorée en terre étrangère. Plusieurs instances nationales ou internationales rendent des hommages à la bande à Ulric. La maison blanche n'a pas hésité d'honorer le grand Ulric pour son immense carrière étant longue comme un jour sans pain. Il est impossible d'oublier que plusieurs grandes scènes de Jazz aux États-Unis comme au Canada ont accueilli l'orchestre Septentrional en quelques années de cela pour s'offrir en spectacle en compagnie des grands.Il est important à signaler que le groupe musical Septent, au même titre que son rival Tropicana, est une institution hors du commun. Avec des directions musicale et administrative, ce groupe est minutieusement administré. Sans oublier ses comités de supporters, les "COSOS" qui se trouvent dans plusieurs régions tant qu'en Haïti qu'à l'étranger faisant un travail hors pair. Nous sommes maintenant en 2018, l'année au cours de laquelle le doyen de la musique haïtienne fête ses 70 ans. Le seul groupe septuagénaire de la musique haïtienne. Créé avant le konpa direct, le groupe septentrional entamera de nombreuses activités connues sous le nom d' "horizon 70" selon son relationste, Louis Mercier. "Septen est dans son moment de refondation, beaucoup de changements se seront opérés dans les mois qui suivent" nous a-t-il dit dans un entretien. Le groupe se fait rajeunir comme l'aigle. Avec de jeunes n'ayant même pas la moitié de 70 ans, la boule de feu continue de charmer ses fans dans tous les recoins du pays et ceux de la diaspora. Nous souhaitons, comme ses responsables que l'orchestre Septentrional atteigne le centenaire.

 

Source: Louis Mercier, relationiste de l'orchestre Septentrional, secrétaire général du COSOS de port-au-prince.

 

 

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